Habitudes alimentaires – Origines et Impact

L’alimentation est un élément essentiel de notre vie quotidienne. Elle permet à notre corps de fonctionner et rester en bonne santé. Le processus de nutrition est très complexe en raison des types d’aliments et de régimes consommés. En effet, notre espèce, nos convictions, nos désirs, nos goûts, notre style de vie ou encore nos intolérances sont des éléments qui font varier nos habitudes alimentaires, et ce d’une personne à l’autre. Or, il est important de prendre conscience que ces habitudes ont un impact environnemental catastrophique à grande échelle, et ce, à chaque étape de la chaîne – production, récolte, transport, emballage, vente, commercialisation et consommation. L’industrie alimentaire représente plus de 26 % des émissions totales de CO2. Compte tenu de l’urgence, des mesures doivent être prises pour améliorer la situation, et ce, au niveau des institutions gouvernementales, des entreprises, mais aussi au niveau individuel.

La production s’est intensifiée au cours des dernières décennies, principalement en raison de l’augmentation substantielle de la population mondiale. Elle a conduit à l’utilisation d’innombrables pesticides et produits chimiques nuisibles tant pour le sol que pour notre santé. Alors que les projections indiquent une population mondiale de 9,7 milliards d’habitants d’ici 2050, comment pouvons-nous nous assurer de nourrir toutes ces personnes tout en limitant les émissions de CO2 et la pollution des sols ?

Réduire son impact environnemental

La consommation locale est très importante. En effet, elle permet de réduire considérablement les effets indésirables liés au transport, et à la production. En limitant le temps de déplacement des aliments, nous préservons la qualité des produits pour les consommateurs finaux. Les produits importés sont connus pour être désastreux en matière de pollution des sols, de l’air ou encore de la biodiversité. Mais les consommateurs finaux ont-ils réellement conscience de tous ces phénomènes ?

En effet, en tant qu’individu, il est difficile d’avoir une conscience claire de l’impact de notre consommation. L’accès à l’information est limité. Dans les supermarchés par exemple, l’origine des produits est indiquée, mais aucune information n’est directement accessible quant à la date de récolte, le temps de transport ou les conditions de production. De même, il est très pratique pour la plupart d’entre nous d’acheter tous ces produits en grande surface, là où tout est centralisé plutôt que de se rendre à plusieurs points, la plupart du temps excentrés pour acheter des produits locaux. Également, pour les consommateurs, le prix est le principal critère de décision. Cependant, les produits locaux sont souvent plus chers que les produits importés. Les institutions gouvernementales ont là un rôle à jouer. Effectivement, il faudrait d’une part, encourager les producteurs locaux et responsables (de moins en moins nombreux vu la demande grandissante et la course aux profits), mais aussi faciliter l’accès à ces produits pour les consommateurs et limiter les importations. En effet, il est primordial de faciliter l’accès aux produits ainsi qu’à l’information.

Le gaspillage alimentaire, une source importante du problème

Un autre impact du comportement alimentaire est le gaspillage. C’est un phénomène majeur. Le gaspillage a un impact important d’un point de vue environnemental, économique et social. Les déchets alimentaires peuvent survenir à chaque étape, entre les phases de production et de consommation. De nombreuses campagnes gouvernementales ont été menées dans de nombreux pays afin de réduire le gaspillage alimentaire. Elles ont souvent été avortées dans les pays émergents parce qu’ils étaient trop coûteux, et des fonds ont dû être alloués à d’autres causes. Ailleurs, les campagnes sur les nouveaux médias, comme les réseaux sociaux, ont connu beaucoup de succès. Il s’agit d’une excellente opportunité d’éduquer et de sensibiliser les jeunes générations à des sujets précis. En tant que consommateur, nous pouvons nous rendre compte de notre gaspillage et nos déchets privés, mais il est très difficile de s’imaginer ce qui s’est passé au niveau des étapes précédentes, jusqu’à l’arrivée dans notre caddie. On dit généralement que les déchets alimentaires représenteraient 50 % de la production globale. Statistique tragique quand on sait qu’environ 10 % de la population mondiale souffre de la faim.

Des entreprises tentent d’agir contre ce phénomène, comme « TooGoodToGo », pour qui le business model est construit autour du gaspillage alimentaire. En effet, cette application permet aux commerçants de vendre leurs invendus à prix réduit et ainsi éviter la perte. D’autre part, elle permet aux consommateurs d’acheter ces invendus à des prix inférieurs.

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Les normes sociales, motrices de nos habitudes de consommation ?

Nos habitudes alimentaires ne sont pas seulement influencées par nos besoins, mais aussi par les normes sociales. En effet, il est observé que la quantité et les choix alimentaires changent selon le groupe social auquel nous appartenons. Les normes sociales liées au comportement des consommateurs peuvent être considérées comme des normes de consommation. Dans un groupe, plus le contexte social est fort, plus les consommateurs auront tendance à se référer au choix des autres en matière d’alimentation. Ce phénomène s’observe principalement quand il est difficile de déterminer ce qui est bon ou non, mais aussi quand on craint le jugement. D’autres études ont montré que le choix d’un régime est basé sur les convictions et les valeurs. Les végétaliens ou les végétariens mettraient davantage l’accent sur l’égalité, la paix et la justice sociale, tandis que les omnivores auraient tendance à favoriser le pouvoir social. Ces choix ont leur impact sur l’environnement. Il est montré, en comparant les trois principaux régimes, omnivore, végétarien et végétalien que le régime végétalien a l’impact le plus négligeable sur l’empreinte écologique. A l’inverse, le régime omnivore et la consommation de viande ont un impact plus que notable. Pour 1 kg de viande, on compte plus de 50 litres d’eau, plus de 370 m2 d’utilisation des sols, et 99 kg d’émissions à effet de serre. A nuancer cependant car les végétaliens aussi peuvent avoir leurs impacts. En effet, certains ont tendance à remplacer les produits de base animale par des alternatives industrielles. Dans ce cas, l’effet est neutralisé et l’empreinte écologique n’est pas réduite. En outre, les alternatives industrielles sont souvent beaucoup plus riches en graisses. Alors, même si le régime végétal est le plus recommandé du point de vue environnemental, il est crucial d’être conscient et vigilant de l’origine de ces produits et de la façon dont ils ont été cultivés.

Vision jusqu’en 2050

Parallèlement, aux conséquences environnementales, de nombreux problèmes de santé émergent de nos habitudes alimentaires. L’obésité, les maladies cardiovasculaires et le diabète en sont quelques exemples. L’alimentation, notre santé et l’environnement sont indissociables les uns des autres. En effet, il est essentiel d’assurer la sécurité alimentaire pour toutes les générations actuelles et futures tout en préservant notre planète. En regardant les projections faites pour 2050, nous pouvons observer des changements significatifs liés à l’alimentation partout dans le monde. L’augmentation de la capacité de production – liée à l’industrialisation, l’automatisation et le transport – conduit à une transition alimentaire dans la plupart des régions du monde. Cependant, le défi est de s’assurer que nous pouvons nourrir cette population croissante tout en respectant l’environnement et ses ressources. D’autres problématiques pourraient être développées comme les conditions de travail dans les exploitations ou encore la nocivité des produits pesticides utilisés. C’est pour cela que tous les intervenants, mais surtout les institutions gouvernementales, doivent agir. Il faut soutenir les producteurs d’une part en régulant le système actuellement en place et d’autre part, il est primordial de sensibiliser la population. Il faut rendre l’information accessible à tous. Elle doit être mise en avant et expliquée. Il est important de vulgariser les questions environnementales afin que chacun ait la possibilité de comprendre son impact, mais aussi les pratiques actuelles. Il est important de garder en tête que ce qui est bon pour l’environnement est aussi bon pour notre santé et réciproquement.

Manon Guiraud
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Sources:

United Nations Sustainable Development. 2022. Goal 2: Zero Hunger – United Nations Sustainable Developmenth. https://www.un.org/sustainabledevelopment/hunger/> Gregory, C. A., & Coleman-Jensen, A. (2017). Food insecurity, chronic disease, and health among working-age adults (No. 1477-2017-3689). Worldwide Food Waste. ThinkEatSave. (n.d.). https://www.unep.org/thinkeatsave/get-informed/worldwide-food-waste#:~:text=Roughly%20one%2Dthird%20of%20the,tonnes%20%2D%20gets%20lost%20or%20wasted. Higgs, S. (2015). Social norms and their influence on eating behaviours. Appetite, 86, 38-44. Chai, B. C., van der Voort, J. R., Grofelnik, K., Eliasdottir, H. G., Klöss, I., & Perez-Cueto, F. J. (2019). Which diet has the least environmental impact on our planet? A systematic review of vegan, vegetarian and omnivorous diets. Sustainability, 11(15), 4110. Allen, M. W., Wilson, M., Ng, S. H., & Dunne, M. (2000). Values and beliefs of vegetarians and omnivores. The Journal of social psychology, 140(4), 405-422.

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