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Tester sa drogue à Lausanne

Depuis le 13 octobre 2022, une permanence de Drug checking a ouvert au cœur de la ville de Lausanne. Il s’agit d’un endroit où l’on peut faire tester la drogue qu’on prévoit de consommer. L’objectif est de réduire les risques liés à la consommation de stupéfiants en s’assurant que les substances achetées par les consommateurs ne sont pas coupées avec d’autres produits inattendus et potentiellement dangereux. Cela permet également de connaître la pureté de ladite substance et donc de pouvoir adapter le dosage lors de la consommation. Cette permanence se trouve dans les locaux de Pôle Sud – Jean-Jacques Mercier 3, 1003 Lausanne, et est ouverte tous les jeudis de 17h à 20h.

La consommation de drogues

La consommation de drogues est un problème qui existe depuis de nombreuses années et ne cesse de grandir. De plus en plus de personnes consomment ce genre de substances dans un but récréatif ou pour améliorer les performances. Ces substances psychoactives sont des produits qui « perturbent le fonctionnement du système nerveux central (sensations, perceptions, humeurs, sentiments, motricité) ou qui modifient les états de conscience » comme le définit l’Organisation Mondiale de la Santé. Elles comportent entre autres le cannabis, la cocaïne, les médicaments psychoactifs, l’ecstasy ou encore les amphétamines. Mais la consommation de ce genre de produits n’est pas sans conséquence. En effet, après le sentiment de bien-être généralement expérimenté par le consommateur, une longue liste d’effets secondaires sont ensuite subis. Parmi eux on peut notamment citer des troubles du sommeil, des difficultés respiratoires, des pertes de conscience, de la confusion, des nausées ou encore des changements d’humeur. La conséquence la plus problématique et durable de ce genre de pratique étant la dépendance. Ces substances ne sont cependant pas vendues pures sur le marché et les produits qui sont utilisés dans leur composition peuvent davantage amplifier ces conséquences néfastes. En effet, les produits de coupage, c’est-à-dire les substances mélangées avec le stupéfiant pur, peuvent être de plusieurs natures. Le but principal de celles-ci est d’augmenter le volume total de drogue à vendre. Les produits les plus couramment utilisés sont le café mais aussi toutes sortes de médicaments. Lorsqu’ils sont mélangés à la drogue, ceux-ci peuvent augmenter les effets négatifs pour le consommateur. Toutefois, d’après Addiction Suisse, la pureté de certaines substances a fortement augmenté depuis ces dernières années, ce qui peut s’avérer dangereux pour un consommateur. Effectivement l’intensité des effets produits par les stupéfiants n’est pas la même en fonction de la quantité de substance pure consommée. Sans le savoir, un consommateur pourrait donc prendre une dose trop élevée et cela peut amener à des overdoses.

Réduction des risques

La politique actuellement en vigueur en Suisse en matière de drogue se nomme le modèle des quatre piliers : prévention, thérapie, réduction des risques et contrôle/répression. De nombreux projets ont été mis en place afin de dissuader les gens de commencer à consommer, mais également d’aider ceux qui sont déjà dépendants à en sortir et à se réintégrer dans la société.

La permanence de Drug checking s’inscrit dans le pilier de réduction des risques. Ce projet de santé publique existe déjà dans d’autres villes suisses, notamment Bâle, Zurich ou encore Genève. Le but de ce projet est de réduire les empoisonnements et les overdoses dues à une consommation inattentive. C’est grâce à la collaboration entre l’Ecole des Sciences Criminelles de l’UNIL, le Canton de Vaud, la fondation Le Levant-CAP, Addiction Suisse et la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme que celui-ci a pu voir le jour à Lausanne. Le consommateur peut se présenter à cette permanence où, après un bref entretien sur ses consommations et les risques qui y sont associés, sa drogue sera analysée. Cette démarche est totalement anonyme, confidentielle et gratuite, aucune information sur le consommateur n’est demandée. En effet, le but de ce projet n’est pas de dénicher les consommateurs de drogues illégales afin de les punir, mais bien de les rendre attentifs à ce qu’ils consomment. L’idée est surtout de s’assurer que les substances consommées ne seront pas nocives pour eux afin de réduire les risques liés à ce genre de consommation.

Sur le site internet de NightLife Vaud on peut trouver l’ensemble des substances déjà recensées à ce jour par toutes les permanences suisses. Le niveau d’alerte de ces drogues y est indiqué ainsi que la date et la ville dans laquelle elles ont été testée, mais également les effets qu’elle va procurer à court et long terme. Enfin, le site indique également les règles de Safer Use pour consommer ce genre de substances dans les conditions les plus sûres possible. Ce site permet donc une première vérification personnelle de sa drogue achetée sur le marché noir, mais ne remplace en aucun cas l’analyse chimique proposée par une permanence.

Technologie utilisée

L’appareil utilisé pour ces analyses est le « MicroNIR ». Il a été développé en 2021 par Florentin Coppey, doctorant à l’Ecole des Sciences Criminelles de Lausanne, et fait partie du projet de recherche NIRLab. Le but de ce projet était de mettre au point une technologie portable d’analyse de stupéfiants, une sorte de laboratoire mobile pour analyser rapidement les saisies de police. Cet appareil, qui ressemble à une lampe de poche, mesure la composition chimique et la pureté d’une substance sur laquelle il est posé selon une méthode de spectroscopie infrarouge. Le résultat est lisible sur une application mobile développée par l’agence Apptitude de l’EPFL qui est une société d’innovation digitale web et mobile. L’avantage évident de ce produit est la rapidité qu’il offre pour une analyse de stupéfiant qui prendrait normalement deux semaines environ. Ce dispositif est donc déjà sur le marché et est utilisé dans plus de 20 cantons. Toutes les substances analysées permettent ainsi de récolter un maximum de données sur les substances en vente en Suisse actuellement. Cela permet effectivement de voir quelles sont les types de substances consommées dans un but festif, mais aussi quelles sont les nouvelles substances disponibles sur le marché.

Valérie Bilger
Valérie Bilger
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Sources:

https://www.infodrog.ch/fr/ressources/lexique-de-la-prevention.html

https://www.rts.ch/info/regions/vaud/13465780-il-est-desormais-possible-de-faire-tester-sa-drogue-a-lausanne.html

Un jeune scientifique invente un outil express pour analyser les drogues

https://www.addictionsuisse.ch/fileadmin/user_upload/DocUpload/2022/2022PanoramaSuisseAddictions.pdf

https://apptitude.ch/portfolio/application-mobile/nirlab/https://nightlifevaud.ch/drug-checking/

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