Nations Unies

Le programme des Nations Unies pour l’environnement : retour sur la conférence organisée par la SDSA

Le 11 mars dernier, la SDSA accueillait Juliette Voinov Kohler, Conseillère juridique principale au Secrétariat des Conventions de Bâle, Rotterdam et Stockholm afin de nous parler d’un organe de l’ONU, le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) et de son rôle autour des questions environnementales.

Qu’est-ce que la SDSA ?

L’association qui organisait cette conférence est la SDSA, la Swiss diplomatic student associaition. Après une présentation et une création en 2019 à Genève, cette association s’étend aujourd’hui aux universités de Lausanne et Zurich. Comme son nom l’indique, cette association se concentre principalement sur la thématique de la diplomatie afin de démocratiser un sujet qui paraît parfois élitistes pour les étudiants comme le précise le fondateur de l’association Pablo Demierre.

Comment l’ONU traite les questions environnementales

L’organisation de l’ONU est très complexe comme nous l’explique Mme Voinov Kohler en introduction et certains organes comme le Conseil de sécurité ont du mal à mettre les questions environnementales sur la table car les Etats peinent à lier les questions de sécurité et environnementales. D’autres organes comme l’Assemblée générale sont plus enclins à le faire. Les acteurs non-étatiques ont aussi une un rôle à jouer dans les discussions concernant le climat au sein de l’ONU. Beaucoup d’industries souhaitent avoir leur mot à dire sur la politique environnementale afin de sauvegarder leurs intérêts, de discuter de modes de production responsables ou de proposer des innovations. La société civile (principalement les ONG) peut aussi influencer les discussions en mettant en lumière des thématiques qui la préoccupe particulièrement afin que l’ONU et plus particulièrement le PNUE s’y intéressent.

UN System Chart 2023 F

L’histoire de l’ONU concernant les questions environnementales

Le terme environnement n’était pas présent dans la première charte signée en 1945, la préoccupation des Etats portait alors essentiellement sur une allocation partagée des ressources. Ce n’est qu’en 1968 que la première résolution pour l’environnement apparaîtra.

La première conférence autour des questions climatiques a eu lieu en 1972 (Conférence sur l’environnement humain), en pleine Guerre froide. Les pays du nord, déjà fortement développés souhaitaient sensibiliser les autres pays sur la problématique environnementale mais ils se sont heurtés à un mur. En effet, les pays en développement ne voyaient l’écologie que comme un luxe alors qu’ils se battaient pour acquérir des besoins « de base » comme l’accès aux soins. Ce n’est qu’en 1992 lors de la Conférence de Rio que le concept de développement durable sera consacré dans une convention. Des objectifs mondiaux seront par la suite fixés en 2015 avec l’accord de Paris mais ceux-ci sont essentiellement politiques et peu réalisables notamment au vu de la courte échéance en 2030 pour réaliser certains objectifs.

Cette année, Les Etats se sont réunis lors de la 6ème session de l’Assemblée de Nations Unies pour l’environnement. Des résolutions autour de l’économie circulaire ont été discutées mais fortement objectées par les pays producteurs de pétrole qui n’envisagent pas de renoncer aux bénéfices qu’ils peuvent retirer de cette ressource. Leur objection a ainsi neutralisé les négociations. Le rôle de cette assemblée est principalement de faire des propositions pour voir si un consensus est possible et ainsi lancer la phase de rédaction d’un traité, outil légalement contraignant pour les Etats l’ayant ratifié.

Vers un traité légiférant le traitement des déchets plastiques ?

Depuis 2022, un consensus autour de l’idée d’un seul traité a pu être trouvé. Il porte sur le traitement des déchets plastiques. Ce traité trouve sa base dans la Convention de Bâle portant sur les déchets dangereux. La question des plastiques s’est accrue ces dernières années notamment à cause des images de mammifères marins morts à cause des déchets plastiques. Les ONG ont donc montré par des visuels impactant à quel point le plastique pouvait être néfaste pour la faune marine et ainsi sensibiliser l’opinion publique à la problématique liée la consommation de plastique. C’est ensuite la société civile qui a demandé à ses représentants d’agir. C’est ainsi que l’idée d’un traité a pu émerger.

Il a ensuite fallu établir un mandat fixant les objectifs du traité. Cette étape a été particulièrement difficile car il fallait décider quel type de déchet viser (certains pays ne voulaient prendre en compte que les déchets marins) mais aussi concernant l’étendue du traité. D’abord par rapport à la production et la consommation de plastique de manière durable, à cette époque en faisant référence à l’économie circulaire qui fut abandonnée ensuite. La principale divergence de vision survint lors de la 2ème réunion lorsque certains pays proposèrent de s’attaquer à l’extraction du pétrole pour légiférer le problème à la racine. Un blocage total a eu lieu du côté des pays producteurs de pétrole et les discussions ont donc été ralenties.

C’est dans le courant de cette année que les derniers débats visant à adopter le texte de ce traité auront lieu à Ottawa, en espérant que l’Assemble des Nations Unies arrivent à un consensus satisfaisant pour toutes les parties et que ce traité puisse représenter un pas de plus vers un avenir durable pour la planète.

Valentin Mermoud
Valentin Mermoud
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SOURCES (cliquez sur les titres pour en savoir plus)

SDSA Lausanne – Swiss Diplomatic Student Association – Lausanne (asso-unil.ch)

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