Vous avez tous déjà entendu parler des jeux vidéo Call of Duty, League of Legends, où même et surtout les jeux Nintendo qui ont bercé notre enfance. Cependant, derrière ces grands noms, il s’est aussi développé une véritable industrie du jeu vidéo indépendant. On parle alors de petits studios d’une dizaine de développeurs, ou parfois même d’un seul, qui arrivent à faire passer par l’intermédiaire de l’électronique une vision, un divertissement, une démarche.
Eh oui ! On a tendance à l’oublier, mais le jeu vidéo est un art, le 10ème art pour être exact. C’est à ce titre que nous avons l’honneur de vous présenter une courte liste de jeux indépendants qui nous ont marqués.
À noter aussi que ces jeux peuvent être retrouvés sur Steam ou sur Gog pour des prix assez raisonnable. Ils sont aussi assez courts et rapides à prendre en main, donc parfait pour accompagner vos vacances ou vos voyages après les examens !
Jeux proposés par Adrien
Hyperlight Drifter :
Genre : Aventure vue du dessus
Est-ce que vous craignez la mort ? Imaginez-vous apprendre de votre docteur que vous souffrez d’une maladie grave, incurable. Votre temps est désormais compté, le poids de chaque seconde qui passe, la peur de mourir en vain, l’indifférence du monde et de notre société.

C’est une manière non-conventionnelle d’aborder un simple jeu vidéo, mais cette mise en contexte est essentielle pour mieux comprendre la vision du créateur Alx Preston souffrant lui aussi d’une maladie héréditaire.
Dans Hyperlight Drifter, vous incarnez « le Drifter » un personnage bleu muni d’une cape, et vous partez à l’exploration d’un monde en ruine. Les images parlent mieux que cent mots, je vous invite alors à observer la cinématique d’ouverture, posant l’ambiance avec brio.
Sinon pour le gameplay, c’est un jeu d’aventure en vue de dessus. On enchaine les combats sur une carte qui cache son lot de secrets, il est important de garder l’œil ouvert, car chaque détail peut cacher son lot de surprise. Je conseille grandement pour tout amateur de jeux 8bit/16bit et de pixel arts.

The end is nigh :
Genre : platformer 2D
Les platformeurs indépendants, vaste sujet et immense source de frustration pour les joueurs, mais quand on arrive finalement après de longues minutes à réussir le niveau, on en recueille une satisfaction indescriptible. C’est dans cet esprit que je vous recommande grandement The End is Nigh.

Dans ce jeu, on incarne Ash, un blob cancéreux qui cherche un ami dans un monde postapocalyptique. On va donc chercher zone après zone de quoi « construire » l’ami de Ash tout en collectant des tumeurs sur le passage.
La chose la plus frappante dans ce jeu, c’est sans aucun doute l’atmosphère. Jamais je n’aurais cru que passer des niveaux encore moins accueillants que le huitième cercle de l’enfer, passerait aussi bien sur fond de musique classique. Comme d’habitude Edmund Macmillen nous offre une vision d’horreur/comique parfaitement maitrisée, rien d’étonnant pour le créateur de The Binding of Isaac et de Super Meat Boy.

The Messenger :
Genre : Aventure 2D, 8bit
Sur une touche encore moins sérieuse, laissez-moi vous présenter The Messenger. À première vue, on peut penser que c’est un simple hommage aux anciens jeux vidéo Shadow Warriors/Ninja Gaiden de 1988. Mais derrière cette façade se cache en réalité un excellent jeu d’aventure.

C’est l’histoire d’un ninja vivant dans le village des ninjas. Un jour, le village est soudainement attaqué par des démons. Alors que tout semble perdu, un mystérieux personnage surgit et nous sauve in extremis. Avant de disparaitre, il nous confie un parchemin d’une importance capitale : notre mission est désormais de le livrer au sommet de la plus haute montagne.

Sans trop en dire, je vous déconseille vivement d’en apprendre davantage sur ce jeu avant d’y jouer : il possède son lot de retournements et de surprises. Cela dit, je le recommande grandement à toute personne adepte de ninjas, de pixels 8-16 bits et de philosophie de comptoir.
Spelunky 2 :
Genre : 2d, roguelike
Et pour finir, encore un autre jeu en deux dimensions, mais cette fois un roguelike d’une originalité sans égal. Dans Spelunky 2, vous incarnez un aventurier explorant les terribles donjons d’Olmec. Armés de cordes et de bombes, est-ce vous arriverez aux bouts de cette caverne, ou bien vous finirez à bout après avoir été piégé par l’avarice ?

Vous l’aurez compris, c’est encore un jeu à la difficulté redoutable. On croit avoir le contrôle, toutes les bombes, les cordes et les cœurs dont on peut rêver… mais la moindre erreur peut s’avérer fatale. L’environnement comme les ennemis sont imprévisibles, et notre marge de manœuvre se réduit à mesure qu’on s’enfonce, étage après étage, dans les abysses de la folie. Mais une fois qu’on maîtrise pleinement ses ressources et son environnement, on se sent comme un Indiana Jones en deux dimensions avec très peu de moyens.

Un excellent jeu pour les amateurs de défis corsés et de mystères. Il offre une belle durée de vie, surtout si vous visez à remplir ne serait-ce qu’une partie de l’encyclopédie. L’aventure vous attend ! Mais attention : la cupidité pourrait bien vous jouer des tours si vous baissez la garde.
Mentions spéciales :
Ultrakill :
Jamais je n’ai été aussi impressionné par les mécaniques et les combos possibles dans un simple jeu de tir à la première personne. Cependant, le jeu est encore en « early access », donc je ne peux pas vous le recommander en toute bonne conscience.

Into the Breach :
Là aussi, un des jeux de stratégie qui m’a le plus marqué par sa complexité malgré son apparente simplicité. On peut passer des heures à contempler toutes les possibilités, l’ordre d’action de notre équipe, et parfois on doit faire face à des choix terribles. Mais malheureusement, les parties ont tendance à un peu trop se répéter et on en fait assez vite le tour.

Jeux proposés par Jonas :
Balatro :
Genre : Roguelike, Deckbuilder, Cardgame
C’est rare qu’un jeu arrive sur le marché et crée un impact aussi fort que Balatro. C’est un mélange de poker, de deckbuilder et de roguelike. En gros, on joue au poker en essayant de faire les meilleures combinaisons de cartes pour marquer un maximum de points.
La partie deckbuilder permet de modifier la pile de cartes et de choisir des Jokers. Regardez les cartes sur l’image ci-dessous : vous voyez quelque chose d’anormal ? Ça devient donc un jeu de chiffres, où l’on cherche à obtenir le score le plus élevé grâce à toutes les manipulations possibles jusqu’à exploiter les moindres interactions entre chaque carte et jokers. Le créateur du jeu a fait énormément d’efforts pour créer des milliers de possibilités d’interaction.
Une partie dure entre 10 et 30 minutes. Roguelike veut dire que chaque fois qu’on perd, on recommence depuis le début. Mais on devient un peu plus fort. Et c’est cette boucle, très rapide, qui devient addictive et fait de Balatro le meilleur jeu indépendant et le meilleur jeu mobile des Game Awards 2024. Le fait qu’il soit disponible sur toutes les plateformes, y compris Android et iOS, en fait le jeu parfait pour les moments où l’on a son portable, mais rien à faire.

What remains of Edith Finch :
Genre : Walking Simulator, Story Teller
Si on voit la différence entre film et jeu vidéo non pas comme quelque chose de binaire, mais comme un spectre, What Remains of Edith Finch se situe probablement plus près du film que du jeu. Ce n’est pas une critique, au contraire, l’un des avantages des jeux vidéo dans le storytelling vient de l’immersion créée par la liberté donnée aux joueur·euse·s. Et dans ce jeu, on utilise justement ces avantages pour explorer l’histoire de la famille Finch.
Le design de l’environnement et la liberté de mouvement sont indissociables de la manière dont est racontée l’histoire intergénérationnelle de cette malédiction familiale. Chaque chambre de la maison raconte la vie d’un membre de la famille, chaque étage nous fait découvrir un peu plus les conflits intergénérationnels à travers de petits récits personnels dans le grand conte familial, révélant le destin de chacun.
C’est une histoire qui ne pourrait être racontée que dans ce médium. C’est le genre de jeu que j’aimerais pouvoir oublier, juste pour le revivre comme si c’était la première fois.
What Remains of Edith Finch est disponible sur Play Station, X-Box, Steam, Switch et iOS.

Dredge
Genre : Lovecraftian, Fishing, Open World, Adventure
On pourrait croire que « horreur » et « cozy » ne vont pas ensemble. Mais Dredge, je ne sais pas comment, arrive à combiner ces deux éléments. C’est un jeu calme et relaxant… tant qu’on pêche le jour. On se lève avec le soleil, les oiseaux chantent, les vagues viennent s’échouer doucement sur la plage.
Mais parfois, une créature mutante remonte dans tes filets. Et là, tu te souviens : quelque chose dort sous la surface de l’océan. Mieux vaut se cacher au lit la nuit, quand ces horreurs refont surface.
Très vite, on commence à récupérer des trésors qui pourraient bien être liés à ces phénomènes inquiétants. Mais qu’est-ce qui les provoque vraiment ? Et les habitants des îles… sont-ils responsables ? Sont-ils des victimes ? Ou bien cachent-ils des secrets encore plus sombres ? C’est à vous de trouver des réponses à cette question et de résoudre ce mystère.
Dredge est disponible sur PlayStation, XBox, Switch et Android.

Vampire survivors :
Genre : Horde Survival, Action, Rougelike
Un autre hit viral du même univers que Balatro : style pixel art, développé par une seule personne, facile à jouer mais difficile à maîtriser. Le but est simple : survivre aux vagues d’ennemis.
Ce qui rend ce jeu si addictif, c’est sa boucle de gameplay. Chaque session dure au maximum 30 minutes, et la seule action du joueur est de se déplacer et de choisir des améliorations. Combiné à un pixel art stylé et une bande-son fantastique, c’est, comme Balatro, un des meilleurs jeux pour ces petits moments d’attente.

Songs of Silence
Genre : 4X, Turn Based, Strategy RPG, Deck Builder
L’un des grands avantages des jeux indé, c’est qu’ils osent. Songs of Silence est un mélange original entre stratégie classique au tour par tour, avec des éléments en temps réel et des mécaniques de deckbuilding. Sur la carte, on contrôle des points stratégiques : ponts, villes, etc., dans une logique classique de stratégie.
Mais lors des batailles, le jeu nous enlève le contrôle : il faut avoir bien préparé la formation de son armée à l’avance. Ensuite, on peut uniquement jouer des cartes d’action pour influencer le déroulement du combat. Cette combinaison de RTS et tour par tour est nouvelle et superbement exécutée.
Chaque tour dure rarement plus de 3 minutes, ce qui donne un rythme rapide à l’exploration de ce monde fantastique basé sur la musique. Le silence est en train d’engloutir les peuples des mille royaumes, tandis que les Anciens perdent la guerre contre les Croisés. Tout cela accompagné d’une musique sublime et d’une direction artistique unique.

Wandering Village – Stray Fawn Studio
Genre : Sandbox, City Builder
La Suisse n’est pas forcément connue pour son industrie du jeu vidéo, mais elle cache quelques pépites. L’une d’elles, c’est The Wandering Village du studio zurichois Stray Fawn. À première vue, c’est un City Builder classique, mais avec un grand twist : ton village est construit sur le dos d’une immense créature.
Pour survivre dans ce monde hostile, il ne suffit pas de gérer les chaines de production ou de veiller au bien-être des habitants. Il faut aussi prendre soin de la créature, gagner sa confiance, et la guider dans ses déplacements. Elle peut vous fournir des ressources précieuses comme des rochers, du fumier ou même son sang, quelque chose que la créature n’aime pas du tout. De plus, la créature a besoin de nourriture, de dormir et peut tomber malade. Tout ça ajoute un axe en plus pour rafraichir la formule classique des jeux de stratégie.
En plus, le jeu balance bien sa difficulté. Ça permet aux débutants de facilement apprendre les bases du genre, mais offre aussi un véritable challenge aux habitués. Le tout est complémenté par une direction artistique unique qui est bien adaptée au jeu. Et surtout, c’est toujours un plaisir de soutenir un studio suisse talentueux.
The Wandering Village est disponible sur Steam et Xbox.

Adrien Mocaer & Jonas Bruno





